Let it crumble!

« Let the skyfall
When it crumbles
We will stand tall
And face it all together »

Ca va bien les références philo, de temps en temps, on peut aussi s’autoriser une incartade avec la pop mainstream, surtout si ça chante dans un James Bond.

Dernièrement, j’ai beaucoup cuisiné, un peu lu, marché dans l’herbe, couru sous la pluie et mis les mains dans la terre. Je crois que j’ai aussi un peu hurlé sur mon enfant, car ma méthode de réaffectation n’est pas à 100% efficace.
Si j’étais aussi égocentrique que certains le prétendent, je croirais presque que Nietzsche a écrit Humain, trop humain comme dédicace à mon futur moi.
Heureusement, je le suis un tout petit moins, enfin, surtout, je suis née un peu trop tard pour que ce génie me dédicace un bouquin.

J’aime bien être centrée sur moi, c’est sympa, ça évite de se perdre en route.

Aussi, dois-je commencer ce post en vous racontant ma vie?
Je le crains.

Car tout bien pesé, si vous avez commencé à suivre la tortue sur son chemin, vous commencez à être rodés.

Il y a toujours une partie à la fois nécessaire et superflue, à la fois chemin de traverse et itinéraire fléché, à la fois cheveux roses et coupe au bol dans mes posts.

Donc, je vais vous raconter un peu ma vie, déjà, parce que ça fait un moment qu’on ne s’est pas causé tranquille, nous.
Dans mes lectures, il y a eu « La tortue n’avance pas vite mais elle n’est jamais en retard », et je vous ferai remarquer que c’est un titre qui parle de TORTUE.
Coïncidence ? Je ne pense pas.
En vérité, le titre c’est « L’escargot… » et pas la tortue, mais je ne sais pas pourquoi, c’était bien aussi dans ma tête avec la tortue.
J’ai donc fait exprès de tarder à poster, juste pour pouvoir vous prouver que je n’avance pas vite mais que je ne suis jamais en retard.
Je ne repars pas sur le débat du temps qui n’existe pas, ça aussi, normalement, vous êtes un peu rodés.
Donc, il y a eu ce livre, qui m’a bien parlé, surtout quand je me suis réveillée à deux heures du matin, en colère, et que j’ai lu des trucs très spirituels qui m’ont calmée.
Illustration express : inspirez,un, expirez, un. Inspirez deux, expirez deux. Jusqu’à dix.
Je dis ça pour vous titiller un peu, mais en vérité, il y avait vraiment des trucs intéressants.
Y compris cet exercice de respiration, que je vous conseille vivement quand vous voulez calmer votre colère ou vous rendormir.

En fin de compte, je pourrais très bien écrire un post sur l’ayurveda, parce qu’en parlant de colère, ça me fait penser que j’ai des trucs à vous raconter au sujet de pitta et ses potes vata et kapha, mais comme je vous ai promis une recette dans le titre, je vais tenir mes promesses.

Comme d’habitude, tout a un sens, et si je vous raconte tout cela c’est pour vous expliquer la genèse de cette recette.

Donc, la tortue qui n’avance pas vite s’est baladée un peu, et puis elle a rendu visite à quelques personnes.
Et puis surtout, elle a rendu visite à un défi de fou qui la travaillait depuis longtemps.
Arrêter de manger du sucre.

Quoi ? Mais tu es sûre ? Ca commence pas à faire un peu beaucoup là ?
Déjà que tu es vegan, si en plus tu arrêtes le sucre, il va te rester quoi ?

C’est assez drôle quand on arrête de manger du sucre, toutes les réactions que cela suscite.
On devient d’un coup un rebelle de la société.

Tu refuses de manger du dessert et c’est même pas pour maigrir ?
Mais t’es pas un peu malade ?

Oui, c’est vraiment sympa.
On peut faire son intéressante, et surtout, manger encore plus de peanut butter que d’habitude.

Ça fait longtemps que je suis sensible au goût du sucré, et que donc j’ai déjà banni le « trop sucré » de mon alimentation, mais j’ai un peu une addiction au carré de chocolat après le déjeuner, qui peut se transformer en banane-coulis de chocolat-amandes effilées-chantilly végétale quand ça me travaille.

Et puis j’ai le malheur de faire des recettes de dessert qui me plaisent, et j’ai beau partager, j’ai du mal à ne pas en profiter.
Donc, ça me travaillait de faire « tapas »*, comme dirait ma pote qui est coutumière du fait et qui se met des défis de folie (jeûner une semaine, ou arrêter l’alcool, le café et le chocolat en même temps)
Seulement je pensais être incapable de le faire toute seule.
Alors quand une amie est venue à la maison et qu’elle m’a annoncé qu’elle ne prenait pas de dessert, j’ai décidé de la suivre. Pour voir.

Donc, j’ai arrêté disons il y a deux semaines, avec, comme d’habitude, des règles auto édictées.
En gros, j’ai gardé mon petit déjeuner avec granola/bananes/lait végétal, j’ai le droit de mettre des pommes dans mes salades, mais j’ai arrêté les desserts, le chocolat et les fruits secs (à part les deux cranberries qui étaient déjà intégrées dans mon granola).
Pour éviter la frustration, si j’ai envie d’un dessert, je mange quelques noix, ou du peanut butter.
Pas une louche hein. Une cuillère. Allez, deux.

Et voilà que le week-end dernier, je devais aller dîner chez une amie, qui m’a demandé un crumble, et que j’ai été obligée de la décevoir, parce que je vous avoue, je n’ai pas encore eu le courage de faire des desserts sans les goûter.
Pardon pardon pardon.
Enfin cette idée de crumble est restée, et puis je me suis souvenu que ça faisait un moment qu’elle me trottait dans la tête, alors j’ai décidé que je devais faire un crumble salé.

L’envie de créer cette recette s’est réveillée, et je me suis mise à cuisiner cette pure merveille, en imaginant ce qu’elle aurait pu être si seulement j’avais eu tous les ingrédients que j’imaginais à disposition.

Je l’aurais vraiment bien vu avec des asperges, des petits pois, des fèves et des courgettes, et honnêtement, si vous revenez du marché avec ça dans votre panier, faites moi plaisir, foncez à la cuisine et racontez moi, parce que c’est exactement comme ça que je l’ai imaginé.

Mais je vous donne ma recette du what have you in your basket some cheese some cheese**, ou pour faire plus simple, ma recette de frigo du dimanche quand on n’a pas eu d’idée de génie en faisant les courses.
Et pourtant, elle était sublime quand même, ou alors c’est parce que j’avais faim et que j’étais toute seule pour en manger, et que personne n’était là pour me dire qu’il manquait un peu de poivre ou que c’était trop salé.
Bref, en tous cas, j’ai tenu ma promesse, voilà la recette du crumble salé sarrasin noisette avec du bon gras (mais pas trop).

Crumble salé sarrasin noisettes

Prep time: 15/20mn

ça dépend de votre dosha dominant.
Mais sans faire de private joke pour les aficionados de l’ayurveda, je dirais à tout casser donc 15/20mn.

Cook time: 10/15mn (veggies)+ 35/40mn au four à 180°C

Ingredients

  • 50g farine de sarrasin
  • 50g son d’avoine
  • 25g poudre de noisettes
  • 1 cuillère à soupe d’huile de coco+ 1 pour faire revenir les légumes
  • 3 à 4 courgettes moyennes
  • 3/4 carottes
  • OU environ 1kg de légumes de votre choix
  • Curcuma, cannelle, coriandre, ail, thym, ou mélange d’épices selon votre inspiration

Instructions

  1. Epluchez les légumes et râpez les ou taillez les en julienne ou petits dés (histoire d’avoir une base fondante
  2. Faites revenir les épices une minute dans une poêle avec l’huile de coco, puis ajoutez les légumes 10 à 15 minutes
  3. Préparez votre crumble: mélangez farine de sarrasin, son d’avoine et poudre de noisettes dans un saladier. Ajoutez l’huile de coco et un peu d’eau tiède afin de former de petits amas qui partent en miettes (dois-je vous rappeler le principe du crumble? Si c’est le cas, mentionnez le en commentaire :))
  4. Huilez un moule, ajoutez les légumes et parsemez votre crumble
  5. Enfournez pour 35 à 40 minutes à 180°C
  6. Sauvez les trois quarts du crumble si vous êtes tout seul: si vous le mettez sur la table, vous allez tomber dedans.


*Tapas est l’un des cinq niyamas énoncés par Patanjali. C’est l’austérité, l’autodiscipline.
** Je présente toutes mes excuses à ceux qui ne sont pas familiers de ce sketch des Deschiens qui a sensiblement attaqué mon cerveau. Ainsi qu’à ceux qui le trouvent pourri.
 

2 Comments

  1. Léo météo

    Ben ouais on l’a pas eu le crumble à la fin!
    😉

     

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