Invite ton vegan Ep 2 – 10 faux pas à éviter pour bien accueillir ton herbivore

Après le débroussaillage du premier épisode, je vous propose aujourd’hui de découvrir quelques astuces pour faire en sorte que votre herbivore préféré se sente (presque) comme chez lui.

Oui, je dis presque, car il y a de fortes chances que vos placards et votre frigo soient remplis de cadavres, et comme vous commencez à le pressentir, le vegan n’est pas fan des cadavres.
Même fraîchement cueillis à la sueur de votre front de guerrier préhistorique.
Même assassinés avec amour et force rituels après avoir passé leur vie à courir dans les prés qui fleurent bon la marguerite et la violette – si tant est que la marguerite ait un parfum.

Respire, ami omnivore. Respire. Je ne te veux que du bien.
Si j’avais dû supprimer de mon cercle tous ceux qui ne respectent pas les préceptes que je me suis fixés, j’aurais perdu des personnes qui me sont chères.

Ainsi cette petite provocation amicale a simplement pour but d’introduire un des points à l’ordre du jour.
Car aujourd’hui, je voudrais aborder quelques réflexes à éviter lorsque vous souhaitez accueillir votre diplodocus préféré.
Je les ai imaginées dans deux catégories:
1) Les réflexes de la pensée, que nous pourrions communément appelés préjugés.
2) Les erreurs de comportement: surtout les petites erreurs culinaires que vous pourriez commettre, sans forcément penser à mal.

I. Les réflexes de la pensée

1. Croire que les vegan vivent leur choix de manière ostentatoire et agressive

Cette erreur est tristement commune à de nombreuses personnes.

Le reproche que j’entends le plus souvent sur ce choix de vie, c’est:

« oui, mais tu vois, je ne supporte pas les veg qui font la grimace devant ton assiette de viande ou qui te disent que tu manges des cadavres »

Certes.
C’est nettement plus normal de faire une grimace devant un plat de céréales et de légumes, ou de dire que

« le tofu c’est dégueulasse »

En premier lieu, tâchez de ne pas lui en vouloir si votre ami veg est indisposé par l’odeur de la viande.
Vous n’avez pas de dégoûts alimentaires vous? Eh bien le vegan, c’est pareil.
Il vous demandera peut-être juste gentiment de déplacer la casserole de bolognaise de devant son nez.
En second lieu, si cette réaction arrive, elle est certainement involontaire et ne participe pas à une stratégie culpabilisatrice.
Car en vérité, je connais peu de vegan que vous classeriez comme des extrémistes.
Beaucoup font le même choix, gardent leurs amis, partagent la table d’amis omnivores sans les traiter d’assassins.

Beaucoup ont conscience que ce choix est personnel, qu’il est un cheminement qu’on ne peut pas imposer à quelqu’un.
Beaucoup ne se permettent pas de juger, principalement parce qu’eux mêmes ont mangé de la viande, ou des oeufs, ou du fromage, AVANT.
Aussi, rassurez-vous. La plupart du temps, le vegan est pacifiste.
Il ne vient pas en ennemi.
D’ailleurs, si vous l’invitez, c’est que vous avez déjà pu le constater par vous-même.

2. Croire que le dîner doit absolument être un débat sur le veganisme

L’avantage, quand on fait ce choix, c’est que même face à des personnes inconnues, on est sûrs d’avoir un sujet de conversation.
Sans avoir besoin de le provoquer, en plus.
A force, on est entraînés à répondre, les réparties se font presque de manière automatique.

Expliquer à votre ami que l’homme préhistorique chassait pour survivre, ou que l’homme est devenu intelligent grâce à la consommation de viande va à peu près autant le convaincre de changer d’avis que lorsque vous lui dites qu’il est carencé en protéines et en fer.
Au mieux, il fera fi de vos remarques.
Il pourra éventuellement vous rire au nez, vous faire une démonstration pour vous prouvez que vous avez tort, ou, simplement, être fatigué d’entendre encore et toujours les mêmes discours.


En effet, même si cela lui fait plaisir d’échanger avec vous, sachez que le vegan a aussi d’autres sujets de conversation dans sa vie.
Sa passion n’est pas forcément de débattre si oui ou non, le tiers monde devrait être vegan, parce que tu comprends, ce n’est pas juste, déjà qu’ils souffrent de malnutrition.
Ou les eskimos, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement.
Ou si la grêle est vegan, parce qu’elle fait mal aux animaux, ou si la carotte souffre quand on l’arrache.
Parfois, le vegan a juste envie de partager un repas tranquille, avec ses amis, et de parler de la théorie de la relativité générale, de Bourdieu, des coquelicots, ou de quoi que ce soit qu’il peut échanger avec ce petit cercle présent à ce moment là.

3. Voir son choix comme un régime ou une contrainte

J’ai déjà abordé la grande diversité de motifs qui poussent quelqu’un à faire ce choix de vie.
Appréhender ce choix comme un régime, c’est supprimer tout ce qu’il y a d’éthique derrière, et refuser d’en comprendre le véritable motif.
C’est fermer les yeux, volontairement, sur les véritables raisons.


Ensuite, considérer que ce choix est une contrainte, c’est croire que votre ami a perdu son libre arbitre.
Vous a t’on déjà présenté le fait de manger de la viande comme une contrainte?
Non.

Le choix d’un mode de vie vegan n’est pas « contraignant ».
C’est un choix libre et éclairé, qui est fait souvent pour se sentir en cohérence avec soi.
Il n’a de seule contrainte que celle qu’on s’impose à soi-même.

Souvent, j’entends, « ah mais ça tu n’as pas le droit ».
Si. J’ai tous les droits.
Personne ne m’a dit ce que je devais faire.
Personne ne m’a fait une liste de choses interdites.
Je pourrais manger du fromage. Je pourrais manger des oeufs.
Je pourrais manger une « bonne côte de boeuf ». Mais je ne le fais pas.

Aussi, si vous aimez votre ami, ne le poussez pas au vice.
Vous ne l’aiderez pas avec des « Allez, accorde toi un petit écart, pour une fois. »
Aussi, si vous aimez votre ami, ne soyez pas plus extrémiste qu’il n’est.
Lui interdire de manger du tiramisù, parce qu’il n’a « pas le droit », ou lui dire, s’il souhaite goûter à votre tiramisù « Tu peux pas, c’est plein de cadavres », c’est, à mon sens, sinon un manque de respect, au moins un manque de délicatesse.
Laissez le seul avec sa conscience, il se débrouillera comme un grand.

4. Voir son choix comme un caprice

Cf n°3, ce choix permet à votre ami d’être en cohérence avec lui-même.
En quoi pourriez vous voir cela comme un caprice?
En quoi ce choix est moins légitime que les interdictions alimentaires dictées par la religion?
C’est du vécu. J’ai déjà entendu quelqu’un me dire

« oui mais elle, c’est pas pareil, c’est sa religion qui lui interdit »

Sous entendu:

« toi, tu pourrais faire un effort et manger comme tout le monde, quand même »

Alors. Comment vous dire, au fait


Alors, désolée si j’en heurte quelques uns, mais pour moi, c’est pareil.
Si c’est l’éducation, la culture ou la naissance qui vous donne une religion, c’est le libre arbitre qui vous fait la garder.
Personne, si ce n’est vous, ne décide à votre place.
Et quand bien même ce choix de vie serait amené à évoluer, si vous aimez votre ami, respectez le comme quelque chose qui a du sens pour lui.

5. En résumé, croire que tous les vegans se ressemblent

Pour conclure cette première partie, je dirais simplement: le vegan est un omnivore comme un autre. Il y a autant de manières de vivre le veganisme que de personnes qui ont fait ce choix de vie.
La seule chose à savoir, quand vous invitez un vegan, c’est ce que vous savez déjà.
Chacun d’entre nous est unique.
Tout ce que vous avez à faire, c’est accueillir votre herbivore tel qu’il est, dans sa singularité.

II Les réflexes à éviter en cuisine

Même si vous avez été conditionnés depuis l’enfance par les mythes culturels, je suis certaine qu’avec un peu de bonne volonté, il vous sera facile d’arrêter de dire à un vegan qui attrape un rhume

« Mange un steak, ça te donnera des forces »

Cependant, vous faire perdre vos réflexes en cuisine risque d’être beaucoup moins évident.
Je vous propose d’aborder à présent les erreurs les plus courantes – toute ressemblance avec des scènes déjà vécues est purement fortuite. Evidemment.

1. Ne pas regarder les étiquettes

Soyons honnêtes.
Il arrive à bon nombre d’entre nous d’acheter des choses déjà prêtes lorsque l’on fait un dîner.
Si si, à moi aussi.
J’ai la fibre culinaire, je vais jusqu’à faire ma tapenade (on y vient), mais parfois, le temps, l’envie, manquent.
Et c’est là que vous bénissez cet appétissant pot de hummus ou de délice d’aubergines que vous gardez dans vos placards « au cas où ».
Le risque, en ne regardant pas les étiquettes, c’est de penser que parce que quelque chose a l’air vege, ça l’est.
La tapenade, typiquement.
Bravo les sudistes, vous avez deviné, les anchois, comme diraient mes toulousains préférés,

Je crois que ça va pas être possible.

Trop facile. Le tzatziki aussi, trop facile, c’est au yaourt.
Corsons l’affaire, disons, une crème de poivrons, de champignons, ou d’artichauts.
Easy peasy me direz vous, ce sont des légumes.
Oui mais non: on trouve souvent du lait, de la crème ou du beurre dans ces petits bocaux.
Ensuite, vient le hummus, justement. Idem, souvent du fromage blanc ou du fromage.
Enfin, obviously, évitez les crackers au goût bacon ou à la saveur cheddar.
Bref, soyez vigilants, votre ami vous en sera reconnaissant.
Vous pouvez choisir de mettre sur la table ces préparations et de le prévenir (mais il va souvent aller vérifier).
Ou bien choisir des préparations sans ces ingrédients (oui, ça existe).
Et puis comme ça, il aura autre chose à se mettre sous la dent que des olives (sauf si elles sont farcies aux anchois) ou des bâtonnets de carottes.
Ou des chips.

2. Faire des pâtes fraîches ou du riz noir

Celle-là, je pars du principe que tout le monde la connaît, parce qu’on me regarde souvent avec un air empli de compassion

Ah mais les pâtes, tu peux pas en manger alors?

En effet, je ne sais pas pourquoi, le monde entier est persuadé que les pâtes, toutes les pâtes, contiennent des oeufs.
Détrompez-vous.
Traditionnellement, les pâtes du quotidien ne contiennent pas d’oeufs, c’est un plat de pauvre.
Les oeufs sont pour les pâtes fraîches, les pâtes jour de fête quoi.
Cela dit, l’industrie agroalimentaire a fini par en ajouter même dans les pâtes sèches.
Idem pour le riz noir: je désigne ici le riz à l’encre de seiche, pas le riz noir d’origine (sauvage ou cultivé)
Aussi, un seul mot d’ordre, référez vous au 1.

3) Erreur d’inattention numéro 1 : Beurrer le moule

Vous avez fait l’effort de préparer un gratin de légumes, en prenant soin de ne pas mettre de fromage sur la partie potentiellement consommée par votre invité.
Seulement voilà.
Les vieux réflexes ont la vie dure, et beurrer le moule quand même, qu’est que ça peut bien faire, il faut bien éviter que ça attache.
Savez-vous, amis cordon bleu, que vous avez la possibilité d’utiliser de l’huile?
Ouiiii vous le savez. Enfin maintenant vous le savez.
Et peu importe si vous pensez que c’est meilleur avec du beurre. Votre ami, lui, préfère l’huile.

4. Erreur d’inattention numéro 2 Faire cuire les légumes dans du bouillon

Vous aussi, vous avez cette poudre ou ces petits cubes magiques qui donnent du goût?
Vous avez projeté de faire un velouté quelconque et vous ajoutez bien sûr estimé indispensable d’ajouter à votre préparation ce concentré de saveurs.
Même remarque que pour le beurre, il existe des cubes de bouillon de légumes.
Evidemment, ne vous amusez pas à faire cuire les légumes dans la même marmite, la même poêle que votre viande ou votre poisson.
Vous ne sentirez peut-être pas la différence, mais votre ami, lui, la fera.

5. Erreur d’attention numéro 3: Ajouter un ingrédient non veg « pour le goût »

Par exemple, de la crème.

– Vous êtes sûr qu’il est vegan, votre risotto/votre velouté/votre ?
– Evidemment, c’est dans l’assiette vegan.
– Vous avez mis de la crème dedans?
– Oui, de la crème fraîche.
– …

C’est TELLEMENT courant que je ne compte plus les fois où j’entends cette répartie.
Idem pour le parmesan sur le plat de légumes, le miel dans les sauces,…un accident est si vite arrivé.

Mais enfin, je vous fais confiance, avec un peu de concentration, c’est certain, vous allez y arriver!!

Sources illustrations: gemma correll – pinterest – plantbaseddieteticians.com- blackearth.net

 

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