Invite ton vegan – Ep 1 Quelques notions de base

Pour tous ceux qui ont des amis/proches/collègues vege, voici venu le temps du post le plus utile du monde: Invite ton vegan va vous permettre de vous immerger en trois temps dans l’univers étrange et méconnu du veganisme, de manière ludique- as usual- et pédagogique.
Tout ça.

Evidemment, je n’y aurais pas pensé toute seule, alors je commence par rendre à César…

Il y a quelque temps déjà, j’ai eu le plaisir de rencontrer Hine.
Hine est la compagne de Jérémy.
Tous deux sont développeurs et ils ont une boîte au nom génial: Tiger and June.
Ce post devient ainsi l’occasion pour moi de remercier Jérémy, sans qui ce site n’aurait jamais vu le jour.
Pour autant, ne vous en prenez qu’à moi si vous voyez des incohérences ou des choses à améliorer, car ce dernier n’a fait que m’assister techniquement dans mon urgence de création en septembre dernier. Il est certain que si nous avions travaillé dans la durée et sur un vrai projet, ce site n’aurait absolument aucun défaut.
D’ailleurs c’est promis, ce jour du site parfait arrivera.
Pour remercier humblement Jérémy de son aide, j’avais proposé qu’il vienne dîner à la maison avec Hine. C’est ainsi qu’ils sont arrivés un samedi soir.
Et en découvrant le dîner que j’avais préparé, c’est elle qui m’a suggéré de faire un post sur les choses à faire, à ne pas faire, lorsque l’on accueille un vegan à la maison.
Hine est le genre de personne la plus adorable qui puisse exister.
Le genre de personne à qui on a instantanément envie de faire plaisir.
Alors instantanément, j’ai su que j’allais écrire ce post.
Mais comme j’ai toujours besoin d’un petit temps d’hibernation, il n’arrive qu’aujourd’hui, quelques mois plus tard.
Et je me dis que c’est une belle façon de commencer l’année.

Commençons donc par des choses basiques.

1- Des approches différentes

Le plus important, à mon sens, pour vous permettre d’accueillir à votre table celui que vous voyez comme un extra terrestre, est de définir de manière précise certaines notions.
J’aimerais ainsi remettre certaines choses au clair, car si de toute évidence les termes de végétarien, végétalien et vegan (ou végane pour ceux que la version anglophone agaçe) sont limpides pour moi et bon nombre de mes connaissances, il n’en va pas de même pour une grande partie du genre humain.
N’y voyez aucun jugement. Simplement, comme dirait mon idole de jeunesse Albert Camus,

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde »

N’allons pas chagriner notre planète et entendons nous bien:

  • Un végétarien ne mange ni viande, ni poisson.
    Vous avez bien lu.
    Cela implique donc: pas de poulet, jambon ou autre saucisson que vous pourriez considérer comme autre chose que de la viande.
    (No offense. Toujours pas de jugement, mais c’est du vécu).

    Donc les amis, vous êtes sympas, si vous continuez à manger du poisson ou du poulet, vous ne prétendez pas être végétarien, sinon on s’emmêle les pinceaux.
    Autoproclamez vous flexitarien si vous voulez. Personne ne va vous en vouloir, et au moins les choses seront claires.

    Précisons ainsi que la gélatine, n’est pas végétarienne, puisqu’elle est issue de cartilage de porc, de boeuf ou de poisson. Donc la plupart des bonbons ne sont pas végétariens.
    Désolée de détruire la vie des accros au sucre qui viennent de découvrir cette évidence.
    J’ai eu et j’ai encore parfois les mêmes moments de solitude devant un paquet de chamallows…

    Les végétariens, en toute logique, ne mangent pas non plus d’insectes.
    Encore une fois désolée pour mes amis réunionnais qui se délectent de larves de guêpes.

    Dans cet esprit, un autre additif à pointer du doigt: la cochenille(E120).

    Pour faire des fraises tag… rouges, colorer en rouge les yaourts aux fraises, et bon nombre de choses qu’on imaginerait végétariennes, il suffit d’écraser finement de petites araignées rouges et de les incorporer à votre préparation.
    Le rose flashy du tarama dans le commerce, c’est le rose araignée.

    Un petit litige pour moi sur le tarama, justement: dans un restaurant libanais, j’ai vu du tarama proposé dans l’assiette végétarienne. Pour moi, ça n’est clairement pas végétarien, je le classifie dans le poisson.
    En revanche, l’ami avec qui j’étais ce jour là a eu l’argumentation suivante:

    Ce n’est pas du poisson, ce sont des oeufs.
    Les végétariens mangent des oeufs.
    Donc le tarama est végétarien.

    Sur le coup, je dirais ok. Mais à bien y réfléchir, pour obtenir ces oeufs, il faut ouvrir le ventre du poisson, et donc le tuer, et donc clairement, ça ne me semble pas très végétarien.


    Ceci étant dit (et on va pouvoir arriver au végétalisme), sur les oeufs de poule, on pourrait vite aller chercher l’objection des cadavres de poussins mâles générés par cette industrie.
    Idem pour le fromage, lorsque l’on parle de ceux faits avec de la présure (un petit morceau d’intestin du veau), ou tout simplement le lait qui conduit à enlever les veaux de leur mère, à les tuer, à inséminer les vaches avec des grosses seringues, et à les traire jusqu’à ce que mort s’ensuive.
    Pardon.
    Je me laisse emporter.

    Ces considérations nous amènent donc aux végétaliens.
  • Le végétalien choisit, lui, de ne consommer aucun produit d’origine animale ou issu de l’exploitation animale.
    Ainsi donc les exemples que je viens de citer, mais aussi, moins évident à deviner, le pollen, le miel.
    Dans l’industrie du miel, les abeilles sont exploitées, nourries au sucre pour accroître la productivité, bref, autant de raisons qui poussent les végétaliens à ne pas consommer ce produit.
    En résumé, dans le régime végétalien, vous pouvez ôter, en plus de la viande et du poisson:
    – les produits laitiers: lait, crème, beurre, fromages, yaourt, fromage blanc…même de chèvre, de brebis ou de jument, je ne vais pas vous faire un dessin.
    – les oeufs et leurs dérivés: omelettes, cakes, gâteaux, oeufs à la neige, crème anglaise, crème pâtissière, custard cream, meringues,….
    – le miel, pollen, gelée royale, cire d’abeille en tant qu’agent d’enrobage dans certains bonbons.
    Ces listes ne sont pas exhaustives, car elles ne comprennent pas toute la panoplie d’additifs alimentaires imaginés par l’industrie alimentaire.

    Ces derniers ne me chagrinent pas vraiment, car je n’ai pas pour habitude de manger de la nourriture industrielle, je préfère cuisiner et faire des choses qui ont le goût de ce qu’elles sont. MAIS je le répète, pas de jugement, et si cela peut vous aider à vous repérer dans la jungle des additifs, voici un exemple de lien utile.
  • Enfin, celui que vous attendez tant, celui qui à vos yeux est le plus extrémiste, le plus intolérant, le plus sectaire: le vegan (ou végane,…)
    Le vegan va plus loin en choisissant de ne pas contribuer à l’exploitation animale, de quelque nature qu’elle soit.
    Quand je dis qu’il va plus loin, on pourrait dire, pour être plus juste, qu’il va au plus près de la logique antispéciste, qui consiste à ne pas se considérer pour l’animal homme, à ne pas se considérer comme le centre du monde, ni comme étant supérieur ou au-dessus des autres animaux.
    En vérité, si l’on creuse l’histoire, les premiers végétariens sont plutôt des vegans.

    Végétarisme = véganisme


    Ainsi, les vegan ne consomment (au sens large du terme) aucun produit issu de l’exploitation animale.
    Oubliez le cuir, la laine, la soie, la cire d’abeille, ainsi que, évidemment, la fourrure et les cosmétiques testés sur les animaux.
    Plus difficiles à repérer, les colles à base de poisson utilisées pour les chaussures ou certains ingrédients cosmétiques à identifier.
    Plus largement, les vegan refusent de cautionner tout ce qui peut impliquer, de près ou de loin, l’exploitation des animaux.
    Exit les cirques, les zoos, les animaux domestiques en cage. Je pourrais citer encore d’autres exemples, mais je suis certaine que vous les trouverez par vous-même.

2 – Des motivations plurielles

Une fois cette distinction de base établie, une chose importante est à considérer:
Tous les vege n’ont pas la même logique dans leur approche des choses.
Ainsi, si l’on considère la population de vege, n’oublions pas que chacun a fait ce choix pour des raisons différentes, et les prises de parti sont donc hétérogènes.
Pour ne citer que deux exemples :
Parfois, ce choix est uniquement centré sur les animaux.
Ainsi, les personnes vont justement n’accorder pas ou peu d’importance à la provenance des produits, le caractère éthique, pourvu que le critère « absence de souffrance animale » soit respecté.
Pour d’autres, la santé prime: ces derniers vont justement privilégier la nourriture saine, et avoir une approche différente dans l’argumentation, en démontrant les effets positifs sur la santé d’une alimentation végétale.
Pour ma part (et ça ne regarde que moi), je trouve totalement absurde de manger vegan si c’est pour contribuer à l’enrichissement des géants de l’industrie alimentaire.

Ma démarche est une démarche globale.
Elle est issue d’une réflexion philosophique qui prend en compte de nombreux critères: éthique, politique, écologique et toute la cl-ique.
Je préfère privilégier les produits locaux et les petits producteurs.
Acheter quelque chose de garanti vegan vendu par une grande marque qui contribue à la destruction de la planète m’intéresse beaucoup moins.
Bien sûr, je ne suis pas parfaite, et il m’arrive dans certaines conditions de faire des choix critiquables.
(i.e boire un latte qui coûte un bras quand je suis à l’aéroport.)

De même, comme je vous l’ai longuement expliqué ici, je ne suis pas partisane des substituts.
Ni de la junk food.
Encore une fois, ne voyez pas de jugement de valeur dans mon approche.
Pour moi, ce qui importe, c’est la prise de conscience.
Chacun fait comme il peut. En fonction de ses capacités. De son rythme personnel.
Et certains vegan trouveront que je ne suis pas assez engagée dans la cause animale -voyez donc ce qui arrive.

3 – Des temporalités personnelles

Les stades de l’évolution dans la prise de conscience sont également différents:
Pour illustrer cette idée, je vais vous parler de mon expérience, quitte à me faire assassiner.
J’ai décidé de ne plus acheter de cuir, mais pour autant, dois-je jeter mes chaussures et mes sacs?
– tristesse. Un ami m’a suggéré de les donner, mais je ne suis pas encore à ce stade.
Pourtant, j’ai donné ma veste en cuir.-
En écrivant ce post, je me rends compte que j’ai acheté un top en soie pour Noël.

Je suis également en pleine réflexion sur la laine.
Je ne suis toujours pas au stade du « je jette ».
Et ma tante qui tricote attend mon choix de laine pour un pull maison.
Pourtant, j’ai vu des vidéos qui m’ont fait pleurer.

Je me dis, chacun à son rythme, sans jugement, cela vaut pour moi aussi.
Le plus tôt sera le mieux, évidemment.
Néanmoins, jeter tout ce que j’ai impliquerait de racheter, au moins en partie.
Il n’est pas si difficile de faire le choix du vegan en matière d’habillement, mais le vegan éthique et écologique ne court pas les rues.
L’idée n’est pas de contribuer à la folie consommatrice.
Ma démarche personnelle, même si j’en suis encore loin, est plutôt d’aller vers la décroissance.
En tâchant de limiter ma fièvre acheteuse et dans l’objectif de supprimer ma contribution à l’exploitation de la planète et des animaux, pour l’instant, ma parade « achat en conscience » est devenu l’achat d’occasion.
Toujours regarder d’où l’on vient.
De la part de quelqu’un capable, il y a encore quelques années, de dépenser un tiers de salaire dans des chaussures (plusieurs paires, je tiens à préciser), je veux croire que ce n’est pas si mal.

Voilà pour aujourd’hui, ma modeste contribution à une meilleure compréhension des enjeux lorsque, pris d’une empathie immense, vous vous décidez enfin à inviter ce pauvre carencé rachitique en manque de sang et de protéines, qui perd ses cheveux, ses ongles et ses dents.
Quel courage mes amis, quelle générosité.
Devant tant de don de vous-même, je me vois donc pieds et poings liés, contrainte de vous offrir deux épisodes supplémentaires dans cette saga.
Ceci bien sûr, pour vous remercier, et vous permettre encore de mieux appréhender la visite de cet exemplaire unique d’une population qui, je crains de vous le dire, ne fait que croître et pourrait bien finir par vous contaminer avec ses idées.
A suivre donc.

Note: image d’illustration source imgur .

 

2 Comments

  1. Olivia

    Génial ton post !! Très instructif et même si je commence à être au point sur le sujet, ce « petit » article bien écrit et plein d’infos est un bon rappel ! J’ai hâte de lire les articles qui suivront sur ce sujet afin de pouvoir inviter ma super amie VEGAN à dîner sans qu’elle soit obligée de mettre la main à la pâte… De tout cœur merci !!

     
    • La Tortue

      C’est moi qui vous remercie! Vous êtes des sources d’inspiration pour moi, et vous me donnez l’occasion d’écrire et d’être lue…
      C’est promis la suite arrive bientôt!

       

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