Vegan coconut and fig cake slices on a plate

How to let your magic happen

Mais qu’est ce que la magie a à voir avec un gâteau?
Si vous vous posez encore la question, c’est que vous ne me connaissez pas assez.
Mais ça, ce n’est pas bien grave.
Ce qui est plus grave, c’est que si vous vous posez cette question, c’est probablement que vous ne vous connaissez pas assez vous-même.

Pourquoi?
C’est là tout le jeu du post, il faut le lire jusqu’au bout pour le comprendre.

Et si ça peut vous rassurer, je vous promets qu’au bout, vous aurez la recette, parce que ce gâteau est véritablement délicieux.
Sauf pour ceux qui n’aiment ni la coco ni les figues, me direz-vous, et c’est là que BAM!
Vous allez pouvoir commencer à comprendre où je veux en venir.

BAM, justement, si.

Si vous n’aimez ni la coco ni les figues, ni les gâteaux, d’ailleurs, ce post est fait pour vous.
Car il est fait pour tous ceux qui ne trouvent pas leur place dans la boîte qui leur est tendue.

L’autre jour, j’ai lu le post très instructif d’Antigone XXI qui expliquait pourquoi elle ne publierait plus de recettes de cuisine.
Et j’ai eu envie de lui dire oui, mille fois oui, comme vous peut-être lorsque vous le lirez*.
Et pourtant, il m’a convaincu de continuer à cuisiner ET à poster mes recettes.

Pourquoi?

Eh oui, pourquoi, après avoir lu un post aussi convaincant sur le raccourci rapide femme/cuisine alors que nous pouvons prouver dans mille autres domaines l’étendue de nos capacités, pourquoi serais-je assez sotte pour continuer à poster des recettes au lieu d’écrire des critiques de films, de livres, d’exposition, un roman, bref, au lieu d’écrire?

Eh bien justement à cause de ce gâteau.
Non pas parce qu’il est sérieusement à tomber.
Il l’est, sérieusement.
Mais parce que son processus de fabrication m’a fait comprendre quelque chose.

Reprenons donc depuis le début de ce processus.

De longue date, j’avais repéré une recette qui me semblait alléchante sur le net.
J’avais pris soin de la noter succintement sur un bloc.
Succintement, comprenez, j’avais mis les ingrédients, mais pas l’ordre de leur apparition, ni leur temps de cuisson.
J’avais quand même noté les quantités, ce qui, pour moi, est un effort de discipline relativement important.
Ainsi donc cette recette était là, à hanter mon petit bloc, comme les dizaines de recettes que j’ai annotées ou mises de côté en me disant qu’un jour, je les essaierais.

Et puis, dans ma grande aventure du tri progressif de toutes ces choses qui m’encombrent**, je me suis dit que j’allais l’ôter de ce bloc pour l’apposer sur un carnet prévu à cet effet.
Ce qui a eu pour effet immédiat de réveiller à ma conscience la nécessité absolue de tester ce gâteau. Dont acte.

Seulement voilà.
J’ai donc commencé à lire les ingrédients et leur quantité.
Et c’est là que ce que s’est éveillé ce que d’aucuns nommeraient esprit d’indiscipline, mais que je propose d’appeler plutôt CREATIVITE.

J’ai bien regardé les notes.
Et j’ai finalement décidé que non, le lait végétal, je n’avais pas envie d’en mettre.
Que de toute façon, je ne voulais pas faire un aussi gros gâteau.
Mais qu’en réduisant les proportions, je pourrais quand même garder autant de compote, puisque j’avais ôté le lait végétal.
Et que le sucre, c’était totalement superflu, puisque j’avais mis des figues sèches.

Bref, sans surprise, j’ai composé ma propre recette.

J’ai réalisé qu’au fond, ce qui m’avait plus dans la recette, c’était son titre.
Un moelleux figue coco.
Et c’était là ma source d’inspiration.
Tout le reste, c’était superflu.

Parce que cette recette, je suis allée la chercher là où elle était.
Au fond, tout au fond de moi. Là où dort ce truc qu’on appelle créativité.

Et c’est comme ça que j’ai compris quelque chose de capital.

Vous pouvez rire.
Vous pouvez vraiment rire, mais je vous promets que je l’ai compris à ce moment-là, exactement de la même manière que l’on comprend quelque chose de vraiment très profond pendant une séance de méditation.
Comme un eureka.

Je l’ai compris à ce moment là, parce qu’à l’intérieur, ça devait faire un moment que ça bouillait pour sortir.

Et c’est plutôt cela que je voudrais vous dire aujourd’hui, même si ça me fait bien plaisir de partager une recette sympathique avec vous.

Ne vous laissez pas enfermer dans des recettes qui ne vous ressemblent pas.
Votre créativité vous appartient.

Elle est là, tapie au fond de vous, et parfois vous l’avez enfouie sous des tas et des tas de souvenirs, de schémas négatifs, d’obstacles.
Et plus vous en rajoutez, plus vous l’étouffez, mais elle est là.
Cela vous appartient d’aller creuser, au plus profond de vous même, avec les moyens que vous jugerez bons pour explorer.

Le yoga m’a permis de comprendre tout cela.
Et j’ai encore beaucoup à comprendre, bien sûr, parce que c’est un cheminement.
Je crois qu’il y a quelques années je n’aurais pas été capable d’ouvrir les yeux sur cette évidence qui vous fait sourire.
Ecrire, cuisiner, chanter faux, danser n’importe comment, sont autant de moyens d’exprimer ma créativité.

Peut-être que ce qui vous permet de développer la vôtre s’appelle physique quantique, mécanique, rugby, jardinage, tricot, histoire médiévale, que sais-je?

Peu importe, du moment que c’est vous qui l’avez choisi.
Peu importe, du moment que ce n’est pas une prescription de l’extérieur.

« Sois gentille », « sois une bonne cuisinière », « sois la meilleure des élèves », « sois un homme fort », « sois quelqu’un socialement », « sois un parent parfait »…

Tous ces messages.
Tous ces messages qui nous enferment.
Qui nous empêchent d’aller voir au fond.
D’aller chercher qui nous sommes.

Combien d’entre nous sont des menteurs?
Combien d’entre nous mentent aux autres pour se conformer aux exigences sociales?
Mais surtout, combien d’entre nous se mentent à eux-même?
En prétendant que tout va bien quand l’image que nous tâchons de construire pour l’extérieur est en complète distorsion avec notre soi intérieur?

Ah, encore un de ces posts de psychologie de comptoir, pourrez-vous penser.
Et pourtant.
Pourtant, sous ces mots tellement rebattus, tellement de vérités.
Mais encore une fois, ne me croyez pas.
Ou croyez moi. Ou ne me croyez pas.

Peu importe ce que je vous dis, et peu importe ce que l’on vous dit, même si cela prend l’apparence d’un argument d’autorité, même si cela vient de quelqu’un que vous estimez.
Il n’y a que vous qui pourrez l’expérimenter.

Mais essayez. Ne serait-ce qu’une fois.
Essayez. D’aller au delà de ce qu’on vous a autorisé.
D’aller au delà de ce dont vous vous croyez capable.

Un jour, une amie m’a appelée magicienne.
J’ai trouvé que c’était un compliment gentil, mais je ne l’ai pas vu comme quelque chose de possiblement objectif. Et puis une deuxième amie m’a appelé magicienne.
Ces messages là n’étaient pas des messages prescriptifs.
Ils n’étaient pas des messages qui enferment dans une boîte.
Mais j’ai eu du mal à les entendre parce que j’ai été trop habituée à avoir un cerveau plus que des mains.
Et quand j’ai fait ce gâteau, j’ai compris qu’elles avaient raison.

Alors voilà ce que je voulais vous dire.
Laissez votre magie réapparaître.
Vous êtes tous des magiciens.

How my magic happened

Spongy fig n coconut cake (with a splash of chocolate)

Pour un petit moule (doublez tranquillement les quantités si vous êtes plus de 4 gourmands)

Prep time: 10 mn

Cook time: 30 mn

Ingrédients

  • 5 figues sèches
  • 20g de farine de riz
  • 20g de farine de coco
  • 20g de poudre d’amande
  • 40g de coco râpée
  • 100g de compote de pommes
  • 20g (ou plus) de chocolat noir

Instructions

  1. Hachez grossièrement les figues et le chocolat noir
  2. Placez tous les ingrédients dans un saladier en terminant par la compote de pommes.
  3. Huilez un petit moule (le mien fait environ 10×15 et 5cm de hauteur) et ajoutez votre préparation.
  4. Enfournez à 180°C pour 30 minutes.

C’est tout???

Ben oui, c’est tout.

Si vous n’aimez pas la coco, vous pouvez vous amuser à la remplacer par de la poudre d’amande (histoire de garder un peu de pouvoir d’absorption de la farine de coco, et le côté gras de la coco râpée).
Si vous n’aimez pas les figues, amusez vous à mettre des abricots secs, des pruneaux, ce qui vous fait plaisir.
Et surtout, vous pouvez vous amuser à faire quelque chose qui vous ressemble vraiment.

A faire plutôt un couscous, parce qu’en fait, vous aviez envie de salé, et plutôt d’un truc en sauce.
Ou à aller faire un tour, parce qu’en fait, vous avez plutôt besoin d’aller marcher, là.
Je vous laisse donc faire votre vie, et je vous dis, peut-être, à bientôt.

*Pour ceux que ça intéresse, c’est par .
**Le tri, le détachement…, on en parle un jour?
 

3 Comments

  1. Gizmalice

    Et dire que Paul et moi avons goûté le résultat de cette révélation, que dis-je, de cette épiphanie de créativité culinaire ! J’en suis tout émue. Même que c’était véritablement très très bon. Merci madame la Tortue !

     
    • La Tortue

      Tout le plaisir était pour nous madame la marquise! Et je sais que cela prête à sourire, mais parfois les évidences surgissent au moment où on les attend le moins…

       
  2. Pingback: Coconut banana bread – La Tortue Qui Danse

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